Michel Bonnin, dans Génération perdue - Le mouvement d'envoi des jeunes instruits à la campagne en Chine, 1968-1990, revient sur les ravages de la mythologie maoïste : La préservation du mythe de Mao, et notamment l’occultation de l’histoire de la Révolution culturelle ont pour effet de fournir à la population une image idéale du passé révolutionnaire que l’on oppose à celle de la corruption et des inégalités caractérisant la Chine d’aujourd’hui. Lors d’une réunion informelle avec des étudiants de l’Université de Pékin, j’ai été récemment surpris de constater à quel point l’idéologie maoïste pouvait conserver pour eux sa charge critique. Ignorants des réalités du maoïsme, ils se retrouvent en quelque sorte dans la situation des étudiants occidentaux des années 1960, enthousiasmés par le Petit Livre rouge.